SBLA Analyse de viabilité commerciale · Suisse

Étudier la concurrence locale : sources et méthode

Compter les concurrents est plus difficile qu'il n'y paraît, parce qu'aucune source ne les recense tous et qu'elles ne comptent pas la même chose. Savoir ce que chacune mesure évite de conclure faux avec des données justes.

Mis à jour le 15.08.2026 · lecture 7 min

Établissement, entreprise, société : trois objets différents

Une entreprise peut exploiter plusieurs établissements ; une société inscrite au registre du commerce peut n'exploiter aucun point de vente ; un point de vente peut appartenir à une société domiciliée dans un autre canton. Compter des sociétés au lieu de compter des points de vente donne un résultat sans rapport avec la concurrence réelle.

Pour un commerce, l'unité pertinente est l'établissement : un lieu, une adresse, une activité.

La statistique structurelle des entreprises

C'est le recensement de référence des établissements et des emplois en Suisse, classé par activité et disponible à une maille géographique fine. C'est la seule source exhaustive et comparable d'un bout à l'autre du pays.

Ses deux limites tiennent à sa nature : elle est publiée avec un décalage de quelques années, et sa maille fine est soumise au secret statistique, qui masque les cases trop peu peuplées. Elle donne donc un état solide mais pas instantané du tissu commercial.

Le registre du commerce

Il donne les inscriptions, les radiations, les formes juridiques et les adresses de siège. C'est la meilleure source pour l'historique d'une adresse et pour la dynamique récente : les radiations successives à une même adresse racontent une histoire que les moyennes ne montrent pas.

En revanche il ne dit rien de l'activité réelle ni du chiffre d'affaires, et il ignore les raisons individuelles sous le seuil d'inscription obligatoire — c'est-à-dire une part importante des petits commerces et des services.

Les données cartographiques collaboratives

Elles apportent ce qui manque aux deux précédentes : la position exacte, l'enseigne, souvent les horaires, et une fraîcheur bien meilleure en zone urbaine. Leur faiblesse est l'inégalité de couverture — excellente dans les centres, lacunaire dans les communes rurales.

Croisées avec la statistique officielle, elles permettent de distinguer un vide statistique d'un vide réel.

Trois sources qui divergent ne sont pas un problème : c'est l'écart entre elles qui est informatif. Une commune où le registre recense trois enseignes et la carte une seule mérite une visite avant toute conclusion.

La densité comme repère, pas comme verdict

Rapporter le nombre national d'établissements d'une activité à la population suisse donne un ratio d'habitants par établissement. Appliqué à une commune, il indique combien d'établissements celle-ci compterait si elle était moyenne. C'est un repère utile et un mauvais verdict : la concurrence ne se répartit jamais uniformément, et une commune peut être structurellement sur-dotée parce qu'elle attire les communes voisines.

L'écart entre le nombre théorique et le nombre réellement observé est l'information intéressante — dans les deux sens. Un déficit apparent peut signaler une opportunité comme une raison connue de tous.

La dynamique : créations, cessations, survie

Un stock d'établissements stable peut cacher un renouvellement complet. Les statistiques de démographie des entreprises donnent les créations et les cessations par commune, et les taux de survie à trois et cinq ans par branche.

Ces taux de survie sont le chiffre le plus utile et le plus ignoré d'une étude de marché : ils fixent la probabilité de base à laquelle tout plan d'affaires doit se comparer.

Questions fréquentes

Où trouver le nombre de commerces d'une activité dans une commune ?

La statistique structurelle des entreprises de l'OFS le donne par activité et par maille géographique, sous réserve du secret statistique sur les petites cases. Les pages de données par canton et par commune de SBLA en restituent les agrégats.

Le registre du commerce suffit-il à recenser les concurrents ?

Non. Il ignore les raisons individuelles sous le seuil d'inscription obligatoire et confond siège et point de vente. Il reste la meilleure source pour l'historique d'une adresse.

Que signifie une densité inférieure à la moyenne suisse ?

Que la commune compte moins d'établissements que sa population ne le laisserait attendre. C'est une piste, pas une conclusion : elle peut tenir à une concurrence voisine, à un pouvoir d'achat particulier ou à des flux qui s'en vont ailleurs.

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Les chiffres, canton par canton

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